
La loi 12/92 relative à l’urbanisme a rendu obligatoire l’obtention préalable d’un permis de construire le long des voies de communication routières autres que communales sur une profondeur d’un kilomètre à compter de l’axe de ces voies et le long des limites du domaine public maritime sur une profondeur de cinq kilomètres.
Au niveau de la totalité du territoire national, cette description est - en fait - rarement appliquée. Ceci est tout à fait compréhensif puisque l’aire concernée englobe un immense territoire rural qui est - dans la plupart des cas - rarement accessible et bien souvent dépourvu d’une dynamique de construction remarquable.
Pour le cas du territoire de la province de Nador, et notamment au niveau de l’immense espace allant d’Oued Kert à Oued Nkor, la bande côtière ne suscitait aucun intérêt du fait de son inaccessibilité. La construction de la rocade méditerranéenne a complètement bouleversé cette donne. En effet, cette nouvelle route a - non seulement - offert une nouvelle façade maritime mais elle a également raccourci la distance Nador- Hoceima. Elle a ainsi permis aux habitants de cette zone de sortir de l’isolement.
Si les bienfaits de cette rocade sont nombreux et ne nécessitent aucun effort pour les démontrer, il n’en demeure pas moins que les risques d’une urbanisation non planifiée le long de la côte sont de nature à réduire sérieusement les effets escomptés de cet ouvrage d’intérêt national.
En effet, la différence est énorme entre une rocade qui génère une multitude de grands projets d’investissement créateurs d’emplois, et une rocade qui se trouve rapidement étouffée par une succession de constructions individuelles anarchiques qui, occultent les vues sur la mer, réduisent la fluidité de la circulation, consomment l’espace par un mitage irrationnel sans pour autant produire un effet significatif sur l’emploi.
Par ailleurs, l’équipement en infrastructures qui constitue une charge lourde, et qui doit être réalisé avant toute urbanisation agglomérée, ne peut être supporté par des constructions individuelles : ce surcroît non autorisé, et ne résultant pas d’un lotissement en bonne et due forme. Seuls les projets intégrés, de grande envergure peuvent supporter cette charge.
De ce fait, l’autorité publique a opté pour la maîtrise préalable du processus d’urbanisation des abords de la rocade, notamment le long de la bande côtière. Pour ce faire, des plans d’aménagement devront voir le jour incessamment. Ils constitueront le cadre de référence pour la gestion des projets et inciteront même les investisseurs à réaliser des projets intégrés (groupes d’habitations sous formes de cités, projets touristiques, équipements de loisirs et de détente, services divers liés à la vocation du secteur… etc…)
En attendant l’établissement de ces documents, l’espace concerné doit être protégé contre toute urbanisation abusive et dépourvue d’équipement, notamment l’assainissement.
Pour ce faire, l’agence urbaine a effectué plusieurs sorties sur le terrain avec l’aide de l’autorité locale. Ces sorties ont permis d’identifier le territoire concerné, et de le diviser en séquences et zones sur lesquelles les décisions doivent être prises en vue de leur protection.
L’effort de protection à fournir doit être collectif. Il doit bénéficier de l’adhésion totale des collectivités locales concernées ainsi que de la population. Celle-ci aura tout intérêt à attendre l’organisation urbanistique de la zone afin de pouvoir bénéficier au mieux de la plus-value foncière générée par la rocade.
nador.ma